20/02/2021

AU SUJET DE LA MAISON DE SHIMAZAKI TÔSON

 RVL suit de près le sort de cette maison du 107 rue de Babylone où séjournèrent, en 1914, le grand écrivain japonais Shimazaki Tôson et son compatriote le peintre Masamune Tokusaburo.

Maison

 A la fin août 2020, nous avons appris que, après le décès de la dernière propriétaire, ses héritiers souhaitent vendre, mais en y associant RVL afin que le souvenir de l'écrivain japonais soit préservé. Nous saluons avec plaisir cette démarche spontanée. Nous avons envisagé toutes les hypothèses et nous sommes concertés avec M Jean-Pierre Levet, linguiste en relations suivies avec des linguistes japonais ; son rôle avait été capital pour la connaissance du séjour du grand écrivain (et nous saluons son appui en cette circonstance).

 Nous avons décidé d'alerter la mairie, pour étudier les possibilités avec elle ; nous avons écrit à l'ambassade du Japon à Paris, pour l'informer et demander un soutien à nos interventions. Le 21 septembre, nous avons adressé un courriel à l'université « Meiji Gakuin » de Tokyo ; rappelons que Shimazaki Tôson a fait ses études dans cette institution et qu'il y a sa statue. Le 24 septembre, cet appel fut appuyé par un courrier postal, étayé de pièces justificatives.

 Votre président a rencontré, le 6 octobre 2020, M Pauliat-Defaye, maire adjoint chargé de la culture et du patrimoine, qui s'est montré ouvert à nos propositions.

 Nous avons reçu simultanément la lettre d'une habitante de Limoges, datée du 1er octobre :

« Monsieur,

Votre intervention dans le Populaire du Centre au sujet de la maison de Mr Tôzon Shimazaki a particulièrement retenu mon attention, avec bonheur. Je connais cette maison dans laquelle il a séjourné, et je vois également de nombreux Japonais se recueillir devant la chapelle Notre-Dame-de-la Préservation, ils sont donc intéressés par Limoges !

Votre proposition d'en faire un lieu de pèlerinage et de mémoire est vraiment judicieuse. Pour avoir fait un séjour au Japon, je crois qu'ils en seraient ravis et honorés. Par ailleurs, j'apprends ce matin que la carrière Babylone est comblée ; or elle se situe à quelques pas de la maison. Pourquoi ne pas en faire un lieu d'accueil avec parking, toilettes, boutiques de souvenirs ? Ils adorent faire de petits cadeaux à leurs familles et amis... »

Copie de ce courrier fut immédiatement transmise à M Pauliat-Defaye qui, en nous remerciant, a confirmé par écrit « son intérêt pour ce projet ». Dont acte.

 Puis, M Jean-Pierre Levet a écrit à M Lombertie.

« Monsieur le Maire, Ayant appris par la presse que la maison sise 107,rue de Babylone, dans laquelle résida, d'août à novembre 1914, l'illustre romancier et poète japonais Shimazaki Tôson, allait être mise en vente, je prends la liberté d'attirer respectueusement votre attention sur l'importance patrimoniale, culturelle et artistique pour notre ville, de ce bâtiment simplement protégé au titre de la ''Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager''.

Shimazaki Tôson est l'un des plus grands écrivains japonais du XXe siècle, peut-être le plus grand, puis-que certains spécialistes n'hésitent pas à établir une comparaison avec notre Victor Hugo. Dans plusieurs de ses œuvres, il a su parler avec une grande sensibilité de notre cité, de ses monuments, de ses rues et de ses habitants durement frappés par les hécatombes du début de la première guerre mondiale.

Hébergé par Marie Simonnet, membre d'une famille de bouchers limougeauds, il donna de belles description des lieux où il vécut, et notamment de la demeure où il séjourna, de son jardin et de son environnement urbain et rural. Or, si ce dernier a beaucoup changé, la maison sa façade, son aspect extérieur et son potager planté d'arbres sont restés tels qu'ils furent décrits par Shimazaki Tôson si bien que c'est avec une profonde émotion que les touristes japonais d'aujourd'hui découvrent cela avec, dans leurs mains, les passages des livres qui l'évoquent, ceux du maître, mais aussi ceux de célèbres professeurs, notamment le professeur Kawamori, membre de l'Académie des Arts et des Lettres du Japon, titulaire des plus hautes distinctions impériales, aujourd'hui décédé, et le professeur Susumu Kudo, docteur honoris causa de l'université de Limoges, qui enseigna le français et l'occitan à l'université Meiji Gakuin de Tokyo, celle-là même où Shimazaki Tôson avait fait ses études. Ces savants ont honoré notre ville de plusieurs visites dans les années 1980 et 1990.

...

Cette maison a donc un énorme potentiel d'intérêt touristique. Pour l'exploiter et le mettre au service du renom de notre cité, il me semble qu'il serait opportun que la ville en assure la conservation et l'ouverture à certaines saisons, au public le plus large possible. L'investissement à faire serait très certainement rentable et de toute façon apporterait une contribution non négligeable à l'attrait que notre cité peut exercer au Japon...

 Puis nous avons eu des échanges téléphoniques, très positifs, avec les services de l'ambassade du Japon à Paris. Il nous fut annoncé qu'une lettre de l'ambassade serait adressée au maire de Limoges. Avouons-le ici : nous avons suscité cette intervention... sans la croire possible.

 Le 10 octobre 2020, une rencontre fortuite avec M le maire de Limoges montrait qu'il n'avait pas été informé du dossier. Nous avons alors sollicité auprès de son cabinet une audience, pour lui communiquer tous les détails utiles. Le 26 octobre , un message était enregistré sur le répondeur téléphonique de votre président par la directrice du cabinet du maire ; en voici la partie essentielle : « Vous avez sollicité un entretien avec le maire de Limoges. Nous avons bien pris en compte votre demande. Pour l'instant, nous sommes en contact avec l'ambassadeur du Japon en France et l'ambassadeur de France au Japon, pour avoir des éléments sur cette question. Je reviens vers vous dès que j'ai de quoi dialoguer sur cette opportunité du 107 rue de Babylone ».

 Fin novembre 2020, après la levée partielle du confinement, des indices nous ont fait craindre des intrusions dans la maison. Nous avons alerté qui de droit. Nous avons contacté simultanément la mairie, pour concrétiser les rencontres que les mesures sanitaires avaient décalées. Ces échanges téléphoniques, bien que rapides, nous ont fait présumer que la municipalité n'agirait pas ; mais rien n'est officiel : notre demande de rencontre n'a pas été encore suivie d'effet, à cause de la rechute de la situation sanitaire.

Carte Postale

 RVL a adressé ses vœux aux autorités locales au moyen d'une carte dessinée par Philippe Rougier, notre infographiste : le portrait de l'écrivain, une carte postale de Limoges de sa main et une vue de la maison de la rue de Babylone encadraient trois citations relatives à notre ville. Un article a aussi été inséré dans notre Bulletin de liaison.

 Dès que la situation sanitaire sera un peu normalisée, RVL reprendra activement ses démarches.