Un immeuble  à colombages  brûle

Le 14/07/17

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 2017, un incendie s'est déclaré, pour une raison inconnue, au 65 avenue de Lattre de Tassigny. L'immeuble faisant face au débouché de la rue de Toulouse, les automobiliste attendant au feu rouge  avait le temps de  remarquer sa façade à colombages.

Immeuble_detruit

La maison a été construite entre 1849, ouverture de la route de Toulouse et Lyon, dans le prolongement du Pont-Neuf, et 1864, interdiction de la construction à colombages suite à l'incendie du quartier des Arènes.
Les flammes ont largement dévasté l'édifice et touché, plus légèrement, le 67. Il semble très improbable que la façade à pans de bois  pourra être sauvée.

Une maison à colombages de moins à Limoges, hélas !

 

CONTINUONS A RETABLIR LA VERITE SUR LE PSEUDO TEMPLE MACONNIQUE

Le 05/02/17

L'affaire du prétendu temple franc-maçon ('Lettre' précédente) a connu des rebondissements.

Tout d'abord, la préparation de la diffusion, par la télévision locale, de notre expertise sur ce site (mise en ligne sur le site de FR3 Limousin effective le 18 janvier), a suscité un courriel du promoteur, parvenu par voie indirecte. Il avançait de nouveaux arguments : les arcades seraient une structure voulue par l'architecte de 1896 pour « enjamber » les fondations antérieures en les respectant. De plus, il aurait été trouvé, à la cote NGF 274,26, un carrelage maçonnique « incontestable » de 60 m².

Mais ce dernier demeure caché, et sa découverte (si elle eut lieu) fut secrète : ceci autorise le doute. Concernant la cote, les initiales signifient ''Nivellement Général de la France'' : le nombre qui suit est une altitude ; elle ne prouve rien. Enfin, les photos du local montrent des arcades ''n'enjambant'' rien.

Autre rebondissement, une autre demande de permis de construire a été déposée pour cette propriété. La ''SAS Bertrand-Mapataud'' étant mise en liquidation judiciaire le 15 décembre 2016, le dossier fut déposé en mairie ce même jour par la ''SAS Archives Services''. Cette entreprise a comme objet statutaire l'entreposage et la gestion d'archives d'entreprise. Son idée est de faire de ce lieu un « bar à bière et bar à champagne ».

Au vu de ceci, nous avons d'abord informé de nos préoccupation les diverses instances administratives compétentes. Nous achevions ces démarches quand l'interview que nous avions accordé à FR3 Limousin fut diffusée au journal d'information régional. Le Populaire du Centre a alors proposé au président de RVL une interview ; espérant par ce moyen mettre les choses définitivement au point, il a accepté.

L'article, publié le 3 février, mettait en fait surtout en avant de nouveaux arguments de nos (mystérieux) contradicteurs. citons-en seulement deux, pour donner une idée de la qualité de ces ''preuves''. D'une part, des photos étaient publiées, montrant verres et outils maçonniques trouvés « lors des fouilles » de ce prétendu temple du Ier Empire ; objets impeccables, ni abîmés, ni salis, dont un compas à ressort inventé dans les années 1930. D'autre part, une arcade de la fondation de l'ex-bibliothèque, longeant l'ancienne propriété privée voisine autrefois bâtie (de nos jours en friche) devenait une « porte cochère » donnant « place Basse-de-la-Comédie », une place totalement inexistante !

Il était alors oiseux de répéter nos arguments : des ''preuves'', nouvelles et du même niveau, nous auraient été opposées. Concluons en rappelant les faits, en trois points : ce local n'a rien de maçonnique ; nous redoutons qu'il y ait eu destruction d'un site à fort potentiel archéologique ; nous redoutons qu'un bâtiment protégé par la ZPPAUP ait été fragilisé. Et libre à tout un chacun de répandre des affirmations contraires.

 

Rétablissons la vérité sur le prétendu « temple maçonnique souterrain » de la rue Haute de la Comédie

Le 04/01/17

Le 13 octobre 2016, Le Populaire du Centre publiait un "scoop" : un temple maçonnique souterrain aurait été découvert sous l'ancienne bibliothéque municipale, rue Haute de la Comédie: c'était même « le berceau » de la franc-maçonnerie dans notre ville.

Sur les photographies publiées apparaissait une vaste et haute salle à grandes arcades. Selon l'article, elle aurait été découverte par hasard, déblayée de la terre qui l'occupait et rénovée par le propriétaire. Elle aurait été identifiée avec le temple de la loge ''l'Harmonie'', installée dans cette rue à la fin de l'Ancien Régime ; des animations autour des célèbres bières Bertrand Mapataud doivent y être organisées. Ce lieu prendra le nom de ''Sixt Temple''.

L'ancien escalier du Central Hôtel, restauré et complété par les Compagnons du Devoir, apparaissait installé en ce lieu. Il avait été ongtemps conservé, d'une manière fort défectueuse, par la Ville. L'article expliquait qu'il avait été cédé par celle-ci aux Compagnons à charge pour eux de le rénover et compléter. Ce qui fut fait. Et l'escalier ainsi reconstitué a été déposé dans ce lieu pour être visible des Limougeauds, mais il est toujours la propriété des Compagnons.

Revenons à la salle. Les informations ainsi réunies nous laissaient déjà sceptiques : il y eut bien une loge en ce lieu, mais en 1806, et non à la fin de l'Ancien Régime. De plus, le premier site maçonnique attesté pour notre ville remonte à 1760 et se place dans la tour Pissevache, rue Vigne-de-Fer ; de plus, rien ne dit que l'atelier était en sous-sol, et pas dans un étage. Qualifier ce local de « berceau des francs-maçons » était donc déjà assez peu exact.

Il y a plus : certains immeubles de Limoges, (l'évêché, de nos jours Musée des Beaux-Arts, ou celui-ci, justement) sont bâtis sur des fondations en arcades c'est ce qu'on appelle une fondation sur radier. Serait-ce ces structures – donc, simplement les fondations de l'immeuble existant - qui ont été dégagées pour former cet espace?.

Nos adhérents en ont été informés de nos doutes dans notre Lettre d'information diffusée en novembre 2016. Depuis, nous avons eu confirmation que nous n'étions pas seuls à douter. Nous savons que les francs-maçons locaux rient de cette affaire, ou en haussent les épaules. La Société Archéologique et Historique du Limousin fut, dans sa séance du 25 octobre, plus affirmative que nous l'avions été... ou plus négative.

Car il faut, pour trancher cette affaire, revenir sur l'histoire précise de ce coin de Limoges.

Sous l'Ancien Régime, la parcelle en question était occupée par le couvent des Récollets de Saint-François ; les bâtiments formaient alors un L ouvert sur l'actuelle rue Haute-de-la-Comédie. Confisqués à la Révolution, ils devinrent la salle de comédie, d'où le nom de la rue. Après l'édification du théâtre (salle Berlioz) sur l'actuelle place de la République, les locaux désertés abritèrent une école professionnelle pour adolescents.

L'édifice actuel, de 1898, couvre une superficie un peu plus grande que l'ancien couvent. Il fut une école pour jeunes filles, puis la bibliothèque municipale ; il forme un U tourné vers le square Jean-Giraudoux, en sens inverse du précédent, donc.

C'est dire qu'il y eut là deux bâtiments complètement différents. La consultation de leurs plans et de celui de ce « temple » souterrain de 1806 prouve que ce dernier correspond avec les fondations de 1898 et pas du tout avec celles de l'édifice existant en 1806 ! Comment croire que des francs-maçons se sont réuni en 1806 dans une structure qui ne fut construite qu'en 1898 ?

Les internautes habitant Limoges sont invités à aller consulter aux Archives Municipales le dossier 4 M 89, et à le mettre en parallèle avec les plans du permis de construire, consultable en mairie. C'est exactement ce que nous avons fait.

Détail supplémentaire, le futur bar à bière, prétendu « berceau des francs-maçons », couvre, selon les plans du permis de construire 177m² ; par comparaison, le temple maçonnique, bien réel, celui-ci, de la rue des Coopérateurs, édifié au temps de la plus grande splendeur de la maçonnerie dans notre ville, fait quelque 100m².

Nous laissons les internautes conclure.

 

 

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2017

Resnaissance du Vieux Limoges vous souhaite

 bonne et heureuse Année 2017