Conformément à cette décision, le bureau de l’association a adressé une lettre aux personnalités et services suivants :

  • la DRAC
  • le recteur de l’académie
  • le président du conseil régional (responsable de l’enseignement secondaire)
  • le maire de Limoges (président du conseil d’administration du CHU, propriétaire du retable)
  • le proviseur du lycée
  • le préfet (plusieurs administrations et services étant concernés par cette intervention).
  • Une copie a été adressée à l’association des anciens élèves et fonctionnaires du lycée Gay-Lussac. 

En voici le contenu :

  « Notre association, réunie en assemblée générale le 20 février 2006, s’est émue du problème posé par l’utilisation comme gymnase de l’ancienne chapelle du lycée Gay-Lussac à Limoges. En effet, les activités sportives des élèves de cet établissement se déroulent, comme vous le savez, dans ce monument classé, datant du 17e siècle, devant un retable de la même époque, lui-même classé. Mais ce patrimoine est mal protégé, puisque, notamment, et selon le fichier Palissy du ministère de la Culture, consultable sur Internet, le retable a déjà, « malgré la cloison installée au-devant, fait l’objet de tirs de ballons auxquels on peut imputer » diverses mutilations.

 Nous n’évoquerons pas ici les problèmes de sécurité, qui n’entrent pas dans le but social de notre association. Notre intervention ne concerne que l’aspect culturel et patrimonial. Nous considérons en effet que, à notre époque, la pratique du sport par des jeunes, en ce lieu, devant ce retable, n’est pas acceptable. Une affectation culturelle, en rapport avec l’intérêt du lieu, salle d’exposition, musée sur la contre-réforme catholique à Limoges (tel qu’envisagé par la Ville de Limoges) (*), etc., serait préférable.

 Nous sommes bien conscients que cela implique la construction d’un gymnase moderne, s’intégrant dans les bâtiments actuels, ce qui posera des difficultés et coûtera cher. Mais c’est à nos yeux la seule solution pour protéger ce patrimoine important ».

(*) NB : il nous a été signalé que l’idée d’un tel musée, pourtant évoquée devant nous, à plusieurs reprises, lors de nos rencontres à la mairie, n’était qu’une idée privée.

  Il faut rapporter ici les indications du fichier Palissy, citée dans notre lettre

  • Pour le tabernacle : « malgré la cloison installée au-devant, il fait l’objet de tirs de ballons auxquels on peut imputer la mutilation du dais de l’exposition ».
  • Concernant l’ensemble du retable : « En 1989, un incendie a noirci le retable. Lors de la récente réfection du plafond de la chapelle, le retable ne semble pas avoir été protégé et a souffert des chutes de gravats. De plus, malgré la cloison installée au devant, il fait l’objet de tirs de ballons. La plupart des pots du couronnement ont disparu ».

  A ce jour, nous avons rencontré madame le Proviseur du lycée Gay-Lussac et, en sa compagnie, nous avons pu visiter les lieux. Le retable, oeuvre d'art adminrable, est difficilement visible derrière une cloison de bois ; il a subi quelques dégradations. La chapelle sert désormais essentiellement pour la pratique du badminton. Son état est plus sérieux que ce que nous craignions : façades latérales dégradées, charpentes des clochetons en voie de pourrissement, etc. Nous avons informé officiellement de nos constats les autoirités concernées.

  Par lettre du 5 avril 2006, le Directeur régional des Affaires culturelles nous apprenait qu’il avait « évoqué cette situation avec les services du Conseil Régional en charge des lycées ». Il ajoutait que ses services prenaient « toutes dispositions utiles pour organiser la concertation la plus large aux fins de prévenir tout risque de dégradation d’une part, et d’envisager d’autre part toute solution pérenne qui satisfasse la légitime préoccupation patrimoniale que vous dénoncez ».
 Notons avec plaisir le concours important et constant que nous apporte dans cette action l'association des anciens élèves et fonctionnaires du lycée Gay-Lussac. De plus, nous avons fait connaître notre action par les médias locaux.

 Le conseil régional, en charge des lycées, n’a pas répondu à nos deux premières lettres.

Selon des informations indirectes, il semblerait qu’il recherche un autre local pour y installer le retable. Une telle solution nous satisferait si elle permettait au public de contempler cette œuvre d’art à Limoges même. Mais si une telle mesure se concrétisait, elle devrait selon nous s’accompagner d’une autre affectation pour la chapelle, avec réfection complète du bâtiment

  Nous avons écrit à nouveau, le 14 octobre, au président du conseil régional : « A plusieurs reprises, notre association vous a saisi du problème que constituent l’utilisation actuelle de l’ancienne chapelle du lycée Gay-Lussac à Limoges et l’occultation du magnifique retable qui y est installé. Nous savons indirectement que vous-mêmes et vos services s’occupent de ce sujet et nous vous en remercions. Cependant, pour l’information de nos adhérents, nous aimerions connaître votre point de vue sur ce dossier et quelles orientations vous souhaitez lui donner. De notre côté, soyez assuré que nous restons à la disposition de vos services pour envisager les meilleures solutions possibles à ce problème ».

Nous n’avons reçu aucune réponse…

 Nous avons envoyé, le 20 novembre, une nouvelle lettre au président du conseil régional du Limousin pour solliciter un entretien. Nous n’avons reçu aucune réponse…

 Nous avons ensuite rencontré, par hasard (lors d'un cocktail), M. Gérard Vandenbroucke, vice-président du Conseil Régional du Limousin chargé des lycées, qui nous a promis un rendez-vous. Nous lui avons écrit, le 2 février 2007, pour lui confirmer officiellement notre souhait de le rencontrer afin de progresser ensemble dans ce dossier. Nous avons longuement attendu une réponse de sa part, et un rendez-vous. Nous avons adressé à M. Denanot une cinquième lettre.

Et la réponse est arrivée. Enfin ! Ce fut une proposition de rencontre pour le 29 mars.
 

La chapelle du lycée vers 1920

La chapelle du lycée vers 1920

La réunion tant espérée a donc eu lieu. Il est encore trop tôt pour en livrer la teneur exacte. Elle fut cependant très riche pour les deux parties, avec de nombreuses informations échangées... Des pistes de solutions furent étudiées ; une nouvelle réunion est programmée pour septembre. Bref, même si tous les problèmes (loin s'en faut !) ne sont pas réglés, nous avons progressé.

  Pour prolonger cette fructueuse rencontre, nous avons écrit au Conseil régional pour suggèrer une ouverture de la chapelle de Gay-Lussac pour les Journées du Patrimoine (15 et 16 septembre 2007), avec bien évidemment une présentation du retable. Nous avons reçu une réponse (écrite) de refus, en raison du coût du démontage et remontage de la cloison de bois protégeant le retable. Cependant, nous prenons acte avec plaisir de la volonté, exprimée dans cette lettre, d'arriver à une "solution pérenne" dans ce dossier. RVL continuera à agir pour sa part dans ce même sens.
 

  Par lettre adressée à la mi-octobre au Président du Conseil Régional, nous avons souhaité lui confirmer notre désir d’envisager « ensemble, dans un esprit constructif », la poursuite des hypothèses évoquées lors de la réunion du 29 mars dernier avec ses services. Nous attendons (patiemment) une réponse.
 

*
*   *

Depuis le début de notre intervention, nous avons adressé sept lettres au Président du Conseil Régional, eu avec son adjoint chargé des lycées une rencontre (informelle), que nous avons fait suivre d’une lettre.

Qu’avons-nous obtenu -

Du président, une lettre de refus à notre proposition d’ouvrir la chapelle pour les Journées du Patrimoine 2007.
De son adjoint, une promesse de rencontre, non encore concrétisée.
Avec les services de la Région, une réunion, où des hypothèses de solution furent nuancées par le postulat d’un très long délai de mise en œuvre éventuelle, plus une promesse pour une autre rencontre prévue pour septembre 2007, cette dernière non encore concrétisée.

Et, dans le même temps, des barrières mobiles viennent d’être mises en place par la Ville devant l’entrée de la chapelle, en raison du danger de chutes de pierres !
Notre action va donc continuer, mais différemment

  Nous avons donc écrit (pour la 8e fois !), à la fin de 2007, au président du conseil régional pour l’alerter solennellement « sur l’état actuel des éléments de la chapelle du lycée Gay-Lussac à Limoges classés au titre des Monuments Historiques » et solliciter l’autorisation d’animer une ouverture de la chapelle pour les Journées du Patrimoine 2008.

Nous attendons une réponse, qui tarde…

 *
*    *

  Mais, par le site Internet de la Région, www.cr-limousin.fr/article.php3-id_article=1987 nous avons appris par hasard que la commission permanente du Conseil Régional a émis, le 22 novembre 2007, un « avis favorable… pour réaliser l’étude relative aux travaux de consolidation de la chapelle du lycée Gay-Lussac à Limoges ». Bien que découverte dans de telles conditions, nous nous réjouissons de cette mesure, qui a indéniablement été obtenue par notre action !

Puis, nous apprenons, toujours par des voies détournées, que la Région envisagerait d’établir dans la chapelle un centre de documentation et d’information, avec mezzanine, pour le lycée. Lors de notre rencontre avec les services régionaux, en mars 2007, il nous avait été dit que le lycée étant doté d’un CDI, il ne serait pas donné suite à la demande en ce sens du proviseur…

  Mais, dans les deux cas, nous n’avons aucune information sur les clochetons, la façade et le retable. Ce dernier serait-il condamné à rester derrière sa cloison - Nous avons écrit à M. le président du Conseil Régional (9e lettre !) ainsi qu’au proviseur du lycée : « Il est bien évident que toute transformation de la chapelle qui nuirait à la visibilité de cette œuvre d’art par le public ne pourrait être satisfaisante. Une conservation d’un monument historique sans présentation ne correspond plus aux critères culturels et économiques actuels. En effet, au moment où Limoges vient d’être labellisée Ville d’Art et d’Histoire, la mise en valeur pour le grand public de tous les éléments du patrimoine local s’impose plus que jamais ».

 A ce jour, nous n’avons toujours pas reçu de réponse du Conseil Régional...

  Une lettre semblable a été adressée à l’Architecte des Bâtiments de France ; en outre, dans la lettre au proviseur, nous avons joint une proposition d’ouverture de la chapelle pour les Journées du Patrimoine 2008.

  Le proviseur de Gay-Lussac nous a répondu, pour démentir nos informations : nous en prenons acte, tout en nous étonnant. Mais surtout, à notre proposition pour les Journées du Patrimoine, il a opposé un refus au motif qu’il a « fermé celle-ci (la chapelle) pour
raison de sécurité et ce, jusqu’à nouvel ordre. De ce fait, il me semble fort improbable qu’elle puisse être ouverte au public en septembre 2008. Tant que la chapelle restera en l’état et que je n’aurais pas la certitude qu’elle soit sécurisée, je ne vois pas la nécessité de prévoir des projets ».

  La chapelle a été fermée pour raison de sécurité !

  Elle est donc dans un état très alarmant !

  Notre action s’impose encore plus !

  Nous avons été reçus par M. Max Boisrobert, architecte des Bâtiments de France. Nous avons insisté sur nos inquiétudes croissantes et il nous a assuré qu’il effectuerait prochainement une visite de contrôle des lieux.

  Au cours de l’assemblée générale, réunie le 18 mars 2008, un vœu a été adopté à l’unanimité moins une abstention :

« Les adhérents de l’association Renaissance du Vieux Limoges, réunis en assemblée générale le 18 mars 2008, émettent le vœu que la chapelle du lycée Gay-Lussac et son retable soient enfin restaurés et mis en valeur pour le développement touristique et culturel de Limoges et de sa région. Ils considèrent que l’usage actuel comme gymnase de ce magnifique patrimoine, classé Monument Historique, est indigne de notre époque et de notre ville. Ils demandent aux autorités compétentes, et en particulier à la Direction régionale des Affaires Culturelles et au
Conseil Régional, affectataire de ce patrimoine, de prendre toutes les mesures qu’impose l’état de dégradation actuel non seulement des éléments classés comme Monuments Historiques (façade, clochetons et retable) mais encore de tout le bâtiment. De plus, les membres de RVL
considèrent que toute solution qui ne permettrait pas la découverte de la chapelle et du retable ne serait pas satisfaisante. Alors que Limoges vient de recevoir la labellisation Ville d’Art et d’Histoire, il serait incompréhensible que ce patrimoine important demeure interdit aux
visites des Limougeauds et des touristes ».

  Ce vœu a été transmis aux autorités concernées (Conseil Régional, DRAC, ABF, préfet, proviseur du lycée, etc.)

*
*  *

Mais tout vient à point à qui sait attendre… et agir !

Suite à notre assemblée générale ; nous avons obtenu une interview du journal local, le Populaire du Centre, pour faire connaître aux Limougeauds la situation de ce dossier ; le journaliste, M. Deville, a souhaité interroger également M. Gérard Vandenbroucke,
vice-président du Conseil Régional, chargé des lycées. Et (hasard -) nous avons reçu une lettre !
  La première lettre de la Région concernant le fond de l’affaire ! En voici le texte intégral :

« Monsieur le Président,

  J’accuse réception de votre courrier du 29 février 2008 par lequel vous souhaitez disposer d’informations relatives aux travaux prévus sur la chapelle du lycée Gay-Lussac à Limoges.
  Suite à la chute d’une pierre dans la salle intérieure de l’édifice, la Région a condamné l’accès de ce bâtiment pour des raisons de sécurité et a engagé un diagnostic de l’état des murs, programmé une opération de consolidation et pris toutes dispositions pour limiter les risques d’éventuelles chutes de pierres, notamment sur la façade rue du Collège.
  De plus, des travaux de réfection des joints et des enduits sur les murs latéraux de l’édifice, des travaux de réfection des joints et des enduits sur les murs latéraux de l’édifice, la purge de la façade des morceaux de pierre risquent de se détacher, la condamnation de tous les accès aux pigeons qui sont la cause première des dégradations des murs intérieurs et la réalisation d’un chaînage des parties supérieurs permettront à court terme la consolidation de l’édifice.
  En effet, ces travaux contribuent à la mise en sécurité et sont une première réponse aux problèmes pathologiques du bâtiment. Toutefois, à ce jour, la Région n’a arrêté aucune décision sur le devenir de la chapelle.
  Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’évolution du dossier et, dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée. »

Et, écrit à la main :

« Soyez persuadé que ce problème me préoccupe et préoccupe le Président Denanot.

Très cordialement. (signé) Gérard Vandenbroucke »

Cette lettre nous confirme le délabrement de l’édifice et, en face, n’indique que les indispensables mesures conservatoires ; nous prenons bonne note que « la Région n’a arrêté aucune décision sur le devenir de la chapelle ». Et notre action reste nécessaire.

  Et un autre effet de notre action vient de survenir : à notre assemblée générale, en effet un vœu en faveur de la chapelle et du retable avait été voté ; il fut adressé aux autorités compétentes. Nous avons reçu du préfet de la Haute-Vienne la réponse suivante :

« Je tiens à vous assurer de l’intérêt que je porte à ces éléments patrimoniaux de grande qualité et ai demandé à Monsieur le directeur régional des affaires culturelle d’y accorder la plus grande attention. Je ne manquerai pas de vous tenir informé des suites qui seront réservées à ce dossier. En vous remerciant de l’intérêt que vous portez à notre patrimoine commun, je vous prie etc. »

Puis, le nouveau Directeur Régional des Affaires Culturelles, M. Geffré, nous a écrit :

« Ce dossier délicat a retenu toute mon attention. Ma collaboratrice, Delphine Christophe, conservateur régional des monuments historiques, et moi-même, nous rendrons sur place afin de constater avec précision les altérations signalées et envisager avec les différents partenaires les mesures indispensables à la préservation de ces éléments patrimoniaux de grande qualité. Je ne manquerai pas de vous tenir informé des suites qui seront réservées à ce dossier ».

  Ces trois lettres sont la preuve que quelque chose bouge enfin sur ce dossier : RVL le doit à son action, tenace depuis plus de deux ans. C’est, déjà, un succès, qu’il faut prolonger en poursuivant notre action.

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*    *

  Nous avons reçu une lettre, que nous n’hésitons pas à qualifier de très importante, de M. Alain Rodet, député maire de Limoges, en date du 10 juillet 2008.

« Vous avez bien voulu me transmettre le vœu adopté par l’assemblée générale de votre association concernant la chapelle du lycée Gay-Lussac et son retable.

J’en ai pris connaissance avec la meilleure attention mais, comme vous le savez, toutes les solutions qui ont pu être envisagées dans le passé concernant la mise en valeur de ce mobilier religieux tout à fait remarquable n’ont pu être mises en œuvre.

Il convient de noter que, bien que ni la chapelle ni le retable ne soient propriétés de la Ville de Limoges, la municipalité accorde un intérêt très attentif à leur devenir.

A l’heure actuelle, la DRAC (service des Monuments Historiques) et le Conseil Régional du Limousin envisagent de créer un espace de concert dans la chapelle, ce qui pourrait permettre d’effectuer une mise en valeur du retable.

Je ne manquerai pas de vous tenir informé de tous les éléments dont la Ville pourrait avoir connaissance concernant ce dossier.

Je vous prie » etc.

Ce projet de salle de concert dans la chapelle nous satisfait bien sûr pleinement. Cette piste, tout à fait inédite, demande à être approfondie, étudiée par les différents services concernés, ce qui prendra sans doute un peu de temps. Nous savons que nous allons devoir nous montrer patients ; mais, bien évidemment, nous continuerons à suivre de près ce dossier qui nous tient à cœur.

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Grande surprise en cette fin novembre 2008 : la chapelle est en grand travaux !

D’après ce que nous avons pu voir, à travers les barrières de chantier, les façades latérales, sur les cours du lycée, sont en train d’être recrépies. A l’intérieur, on ne sait pas ce qu’il en est. Quant au retable, il est évident que rien ne peut bouger durant les travaux.
Nous nous réjouissons grandement de ces travaux. Ils sont évidemment dus à notre action.
Mais nous déplorons de n’en avoir été informé que par l’intermédiaire du dieu Hasard.
 

La chapelle en travaux

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  Mais l'affaire prend alors un tour étrange  : en décembre, le président de RVL participe à une réunion à la préfecture ; le vice-président du Conseil régional y est aussi ; près la fin de la séance, ce dernier aborde spontanément, devant témoins, auprès du président, le sujet de la chapelle. Il demande pourquoi RVL fait « courir le bruit » (ce sont ses propres termes) que la chapelle deviendrait salle de concert : à la fin des travaux, elle redeviendra gymnase. Stupéfaction du président !
Puis, le président a obtenu un rendez-vous de la proviseur du lycée Gay-Lussac : celle-ci déclare que « tant qu'elle serait proviseur, la chapelle ne redeviendra pas gymnase » (c'est son expression ! Stupéfaction du président !
Sans chercher à approfondir cet incident, RVL préfère tirer le rideau et continuer son action en faveur de ce patrimoine.

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Lors de notre rencontre, le proviseur du lycée Gay-Lussac nous a informé qu'un architecte devrait faire une visite de la chapelle dans le second semestre 2009 pour établir un projet. Quel projet - Sur quelles bases - Mystère.

Mais, au cours de notre assemblée générale, le 18 février 2009, un vœu a été adopté à l'unanimité. « Les adhérents de l'association Renaissance du Vieux Limoges, réunis en assemblée générale le 18 février 2009, sont heureux de constater que la chapelle du lycée Gay-Lussac est en cours de restauration. Ils demandent à nouveau que des solutions soient étudiées pour permettre à tous, Limougeauds et touristes, de profiter de ce patrimoine : dans une ville labellisée Ville d'Art et d'Histoire, toute solution qui n'aurait pas comme finalité la découverte de la chapelle et du retable par le plus grand public ne serait pas satisfaisante. Il semblerait judicieux de rechercher une solution qui concile les besoins du lycée avec la valorisation de cet ensemble culturel et patrimonial important ».

A la suite de ce vœu, la DRAC nous a écrit pour nous rassurer sur notre demande de protection au titre des monuments historiques de toute la chapelle et de l'aile du lycée du XVIIIe siècle donnant sur le boulevard Georges-Périn : « compte tenu du nombre important de dossiers en cours, cet examen par la commission régionale ne pourra pas être inscrit à l'ordre du jour avant 2010 ». Dont acte.
Nous avons d'autre part écrit au conseil régional pour dire notre satisfaction que la chapelle aie été restaurée. Il n'y eut aucune réaction mais nous n'en attendions pas.

Nous avons également adressé un courrier à madame le proviseur du lycée pour suggérer d'ouvrir la chapelle lors des prochaines journées du patrimoine, en lui proposant notre concours. La réponse suivante nous est parvenue :
« Comme vous avez pu le constater, les travaux de consolidation de la chapelle ont été effectués, en revanche en ce qui concerne l'intérieur, c'est au point mort. Monsieur Vandenbroucke, lors d'un conseil d'administration que j'ai présidé au lycée le 7 janvier 2009, s'est engagé et a promis de faire réaliser une étude de faisabilité pour ce qui concerne l'intérieur de la chapelle. A ce jour, nous n'avons pas, malgré les rencontres avec la DRAC, trouvé de solution pour le retable. Pour répondre à votre demande concernant les Journées du Patrimoine, il me paraît prématuré de m'engager tant que je n'ai pas plus de certitudes en ce qui concerne le retable qui, qui plus est, est toujours caché derrière son ''paravent de bois''. Je ne manquerais pas de reprendre contact si j'avais de nouvelles informations »

Une « étude de faisabilité », mais pour faire quoi - Mystère.

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  Votre président, étant allé à Paris s'est présenté à deux fédérations dont fait partie RVL, l'ANPVA (Association Nationale pour la Promotion des Villes d'Art) etla SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France). Ce fut l'occasion d'échanger sur nos préoccupations. Nous avons exposé notre action en faveur de la chapelle du lycée Gay-Lussac... Et la préfecture de la Haute-Vienne a reçu de Paris, début avril, un courrier. La SPPEF y demandait « qu'une nouvelle affectation soit attribuée à cet édifice : une destination culturelle nous semblerait plus adaptée (musée, bibliothèque, salle d'exposition ou de concerts...) ce qui serait une façon de valoriser le tourisme culturel de la ville de Limoges... Nous souhaitons savoir quels sont les futurs projets pour l'ancienne chapelle après sa restauration. Une affectation a-t-elle été décidée - Le retable sera-t-il exposé dans un cadre qui le mette enfin en valeur - »

  La réponse, datée du 5 mai, rédigée par la DRAC et signée par Madame le préfet, nous a été communiquée par la SPPEF : sur le retable, il est précisé que « ses dimensions (près de 12 mètres de haut et 10 mètres de large), rendent délicate la recherche d'un nouveau lieu de conservation. Les différentes pistes envisagées n'ont pu aboutir à ce jour. Toutefois le directeur régional des affaires culturelle du Limousin travaille activement au règlement de ce dossier ». Quant à la chapelle, « qui n'est plus aujourd'hui utilisée comme gymnase », il est proposé à la SPPEF « de prendre l'attache du conseil régional du Limousin, propriétaire, avec qui les discussions sont ouvertes à ce sujet ».
Nous avons suggéré à la SPPEF de suivre ce conseil, ce qui a été fait en des termes semblables à ceux de la lettre au préfet.

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   A ce jour, 7 octobre 2009, donc plus de quatre mois plus tard, et à notre connaissance, la Région n'a pas répondu à la SPPEF... Pas plus qu'auparavant, elle n'avait répondu à nos courriers.
Chacun en tirera ses propres conclusions.

   Pour nous, nous continuons notre action : une "étude de faisabilité" (pour faire quoi -) est prévue pour cet automne dans la chapelle. Nous avons écrit au proviseur du lycée Gay-Lussac pour lui demander de communiquer au cabinet chargé de cette étude nos principes : le retable doit pouvoir être admiré par les Limougeauds et les touristes, la chapelle ne peut être subdivisée par étages et pièces. Le tout forme le patrimoine des habitants de Limoges, ville labellisée Ville d'Art et d'Histoire.

Le 13 novembre, nous avons adressé à Monsieur le président du Conseil régional une 11e lettre :

« Le 13 mai dernier, j'ai eu le plaisir de vous témoigner, en mon nom et au nom de l'association Renaissance du Vieux Limoges, notre satisfaction de voir réalisés les travaux de restauration de l'ancienne chapelle du lycée Gay-Lussac.

  Dans une ville labellisée Ville d'Art et d'Histoire, comme l'est Limoges, une seconde étape est à l'évidence de permettre que cet élément du patrimoine puisse être admiré des Limougeauds et des touristes, ainsi que le retable qui s'y trouve.

  Une telle réalisation correspondrait à l'intérêt que vous portez au développement touristique et économique de Limoges et de sa région et s'intégrerait parfaitement dans les exigences de la labellisation Ville d'Art et d'Histoire

  A nos yeux, il convient donc de trouver pour la chapelle une affectation digne d'elle et  permettant sa visite, ainsi que celle du retable, sans porter préjudice aux besoins du lycée. Renaissance du Vieux Limoges se tient donc à votre entière disposition pour contribuer, si vous le souhaitez, à définir la solution la plus satisfaisante pour tous. 

Je vous prie d’agréer, etc... »

A ce jour, et comme il fallait s'y attendre, nous n'avons reçu aucune réponse.

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  Sur le site Internet du conseil régional du Limousin figurent les objectifs que cette institution s'est fixée. Un d'eux est intéressant : la Région entend "renforcer l'attractivité des territoires par l'offre culturelle et des pratiques sportives". Cette ambition se décline dans la volonté d'"améliorer la valorisation du patrimoine régional" et, pour cela, de "soutenir les opérations de sauvegarde et d'enrichissement du patrimoine". Et ce thème comprend un sous-objectif intitulé "Valorisation du patrimoine".
Ah.

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Le 18 mai 2010 (les élections passées), nous avons écrit à nouveau (12e lettre !) au président du Conseil régional :

« Permettez-moi d’abord de vous féliciter de votre réélection. Renaissance du Vieux Limoges ne doute pas qu’au cours de cette nouvelle mandature, une solution sera enfin trouvée et concrétisée pour la chapelle du lycée Gay-Lussac et son retable.

A Limoges, ville labellisée Ville d'Art et d'Histoire, ce patrimoine doit en effet être mis en valeur. J’ose me permettre, dans ce cadre, de vous soumettre une suggestion. Vous trouverez ci-joint copie d’une lettre du préfet de la Haute-Vienne, préfet du Limousin, au maire de Limoges. Ce courrier date de 1965, il y a presque 45 ans. Si l’hypothèse annexe de construire un gymnase à l’emplacement du pavillon du Verdurier,  alors gare routière, n’était pas satisfaisante, celle de faire de la chapelle « une bibliothèque ou une salle de conférence », permettant de mettre en valeur le retable, est excellente.

Aujourd’hui que les problèmes de pratiques sportives dans ce local sont réglés, et que Limoges est labellisée Ville d’Art et d’Histoire, il serait, selon nous, opportun de remettre à l’étude la suggestion préfectorale de 1965.

Dans  cet espoir, je me tiens à votre disposition et vous prie » etc.
Vous trouverez ci-dessous le texte complet de la lettre de 1965 à laquelle nous faisons allusion.

Nous attendons la réponse à ce courrier ; viendra-t-elle -

  La chapelle, construite au XVIIe siècle pour le collège des jésuites, est désaffectée au culte depuis 1914. Elle abrite depuis 1907 un retable, également du XVIIe siècle, provenant de la chapelle de l’ancien hôpital. Cette chapelle sert de gymnase depuis 1926, il y a juste 80 ans. Dans les années 1980 à 1995, outre son usage sportif, elle servit de salle d’exposition pour les biennales internationales de l’émail de Limoges.

  La chapelle fut construite pour le collège des Jésuites de Limoges de 1607 à 1629. Le retable fut réalise en 1686 par le menuisier Jean Yvert et le sculpteur Jean Biziou.

  Le 24 mai 1991, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Limoges avait émis le vœu « que le retable de la chapelle du lycée Gay-Lussac soit restauré et maintenu en son lieu actuel, et que celui-ci reçoive une affectation à vocation culturelle ».

  Dans le Courrier du Centre du 25 mars 1927 est publié un très intéressant article d'André Demartial, alors président de la Société Archéologique et Historique du Limousin.

Celui-ci commence en citant de larges extraits d'un débat survenu, peu auparavant, au Sénat, à l'occasion d'une proposition de loi visant à améliorer la protection des monuments historiques. Le principal intervenant est le maire de Lyon, alors ministre de l'Instruction et des Beaux-Arts, Edouard Herriot :

« Ce que l'histoire de France contient de glorieux, de charmant, de précieux pour notre civilisation et pour la civilisation humaine, se traduit et se résume non seulement dans quelques monuments essentiels, mais dans tous les témoignages dispersés  sur notre sol et qui conservent, avec l'accent du génie national, les nuances particulières qui signalent et et qui distinguent chacune de nos provinces et chacune de nos villes ».

Evoquant les contraintes pour les propriétaires suscités par ces protections nouvelles, Herriot estime qu'il s'agira là d'une « servitude infiniment honorable ». Enfin, il affirme qu'il « est triste de voir qu'un pays comme le nôtre, parce qu'il traverse une crise difficile, est amené peu à peu à voir disparaître la fleur même de son patrimoine artistique ».

Dans un second temps, André Demartial met en parallèle ces déclarations du ministre avec son propre souhait de voir la chapelle du lycée Gay-Lussac protégée, au moment où elle doit être transformée en gymnase. Quant au retable, il affirme : « on parle de le laisser, ce qui serait le comble du manque de goût et de tact, le comble de la profanation, dans la salle de jeux et d'exercices physiques qui doit, paraît-il, remplacer la chapelle ».

25 mars 1927 !

Et la chapelle devint salle de gymnastique, et le retable y resta.

Lettre du préfet de la Haute-Vienne au maire de Limoges

« Limoges, le 26 octobre 1965

Monsieur le Maire,

Connaissant votre souci d'équiper la ville de Limoges et de développer au maximum ses possibilités culturelles et touristiques, je tiens à vous faire part, à la suite de ma récente visite au lycée Gay-Lussac, d'une suggestion qui permettrait une présentation convenable du retable actuellement dissimulé dans le gymnase.

J'ai, en effet, tenu, avec les chefs de service intéressés, le vendredi 22 octobre dernier, une réunion, sur place, à laquelle vous n'avez pu assister. J'ai pu constater à cette occasion combien il est regrettable que ce retable, témoin important du passé de Limoges, ne puisse être présenté aux visiteurs de passage.

J'estime également que l'état actuel des installations sportives du lycée ne répond pas aux nécessités de l'éducation de nos enfants.

J'ai eu l'occasion, à l'issue de cette visite, de passer en compagnie de M. le Trésorier-Payeur-Général devant la gare routière, dont l'état m'a paru vétuste et qui ne semble pas correspondre aux besoins d'un centre de communication aussi important que Limoges.

J'estime que la construction d'un nouveau gymnase sur l'emplacement de ce bâtiment, assorti dans les niveaux supérieurs de salles spécialisées où pourraient être pratiqués l'escrime, la boxe ou le judo, permettrait de réaliser dans l'ancienne chapelle une bibliothèque ou une salle de conférence à l'intérieur de laquelle le retable retrouverait une présentation digne de sa valeur artistique et historique.

Le nouvel ensemble sportif ainsi réalisé pourrait, par ailleurs, outre son affectation à l'établissement scolaire, donner aux sociétés sportives des locaux qu'elle pourraient utiliser avec profit.

Je souhaiterais que vous puissiez me faire connaître votre sentiment à ce sujet et notamment en ce qui concerne l'éventuelle adoption du projet par votre conseil municipal.

Veuillez etc. »

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*     *

En octobre 2011, nous avons écrit (pour la 13e fois) au président du Conseil Régional, pour présenter une suggestion.

« La chapelle du lycée Gay-Lussac a servi, trop longtemps, de gymnase. Ce n'est plus le cas, heureusement.

Mais nous avons pu constater, lors d'une brève exposition tenue récemment dans cet édifice, que les planchers, agrès et autres installations sportives étaient toujours en place. Cela n'a plus lieu d'être et nuit à la perception de l'édifice lors des expositions occasionnelles. C'est pourquoi nous vous serions particulièrement reconnaissants de bien vouloir faire retirer ces installations.

De même nous semble-t-il opportun de profiter de ce démontage pour enlever également la cloison de bois occultant le retable : les activités physiques dangereuses pour sa conservation étant du passé, son utilité a disparu.

Le tout, bien sûr, en préparation d'une réhabilitation légitime de cet ensemble historique et patrimonial situé dans une Ville d'Art et d'Histoire. Dans cet espoir, je vous prie de croire, etc. »

Copie de cette lettre a été adressée au proviseur du lycée.

Nous attendons maintenant une réponse.   

MAJ 09/2017.

Depuis 2006, nous agissons pour la valorisation de ce patrimoine. Lors de notre assemblée générale  du 18 mars 2008, il avait été décidé de solliciter l'extension de cette protection à l'ensemble de la chapelle et à la façade du XVIIIe siècle du bâtiment principal, ouvrant sur le boulevard.

Le 16 septembre 2017, soit neuf ans et demi plus tard, nous avons reçu la lettre suivante de la DRAC Nouvelle Aquitaine :

« Monsieur le président,

J'ai l'honneur de vous faire savoir que la demande d'extension de protection au titre des monuments historiques du lycée Gay-Lussac sera examinée le mardi 26 septembre 2017 par la commission régionale du patrimoine et de l'architecture.

A cet effet, je vous propose de me faire parvenir, si vous en avez, vos observations écrites dont il sera donné lecture aux membres de la commission.

Je ne manquerai pas de vous tenir informé des suites données à ce dossier.

Je vous prie, etc. »

Nous avons remis, le 19 septembre, un texte court à M Vedelago, Conservateur adjoint des Monuments Historiques à Limoges ; nous y avons joint la copie d'un des deux courriers de Pierre Moisy, découverts à la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine à Charenton-le-Pont, et publiés dans notre dernier Bulletin de liaison.

Nous avons ensuite reçu la lettre suivante, du 6 octobre 2017 :

« Monsieur le Président,

Ainsi que je vous l'ai fait savoir, la commission régionale du patrimoine et de l'architecture, réunie le 26 septembre 2017, a examiné la demande d'extension de protection au titre des monuments historiques du lycée Gay-Lussac de Limoges.

J'ai l'honneur de vous faire connaître que la commission, au vu du dossier, a émis un avis favorable à une mesure d'inscription au titre des monuments historiques de la chapelle en totalité, des façades et toitures de l'aile construite au XVIIIe siècle, ainsi que la cage d'escalier avec le monuments aux morts, des façades et toitures de l'aile construite au XVIIe s. où a été remonté l'ancien portail du XVIIe s., des façades et toitures de l'aile des sciences construite dans les années 1930, du sol du jardin ainsi que du mur et des grilles de clôture et du portail d'entrée.

Je propose donc à Monsieur le préfet de région de donner une suite favorable à cette demande.

Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, je vous prie, etc. »

Pouvons-nous, là encore, dire toute notre satisfaction devant cette mesure ?